Into Thin Air de Jon Krakauer
En français : Tragédie à l'Everest
« It took a few months in my case for the positive aspects to begin to develop. But they have. Everest was the worst experience in my life. But that was then. Now is now. I’m focusing on the positive. I learned some important things about life, others, and myself. I feel I now have a clearer perspective on life. I see things today I never saw before »
Ce livre m'a donné une envie presque déraisonnable : grimper une montagne. Pas nécessairement l'Everest (restons lucides) mais l'idée a germé... Je n'ai ni les compétences ni l'expérience requises, et que ça se concrétise un jour relève sans doute de la pure utopie. Mais bon, c’est toujours sympa de rêver. Je commencerai peut-être par les côtes du centre-ville. On verra comment ça se passe?
Ce livre est né d'une double curiosité : j’aime bien Jon Krakauer, et je suis tout autant attirée par les sujets qui me sont complètement étrangers. Il y a quelque chose de profondément gratifiant à s’immerger dans un univers inconnu et à en revenir avec le sentiment d’en avoir saisi les contours, or Into Thin Air cochait toutes les cases.
Ce que le livre raconte
En mai 1996, Krakauer participe en tant que journaliste à une expédition commerciale vers le sommet de l'Everest. Ce qui devait être un reportage pour le magazine Outside devient le témoignage direct de l'une des catastrophes les plus meurtrières de l'histoire de la montagne : en une seule journée, une tempête s'abat sur la montagne et tue huit alpinistes. Krakauer, qui en réchappe, écrit ce livre quelques mois plus tard, encore sous le choc, et avec la culpabilité du revenant. C’est donc un livre sur la mort, sur les décisions impossibles à haute altitude, sur ce que l'ambition humaine peut avoir de sublime mais aussi de tragique à la fois.
Krakauer maîtrise son sujet et sa plume : il y a beaucoup de noms, beaucoup d'expéditions simultanées, beaucoup de détails techniques et pourtant, on ne se perd jamais vraiment. Il prend soin de situer chaque protagoniste, de rappeler les éléments essentiels au bon moment, de donner un visage à chacun. Le livre offre également une mise en contexte historique des ascensions de l'Everest et on remonte une longue histoire de fascination humaine pour les sommets, faite de conquêtes, d’ego et de …morts.
« Until I visited the Himalaya, however, I’d never actually seen death at close range. Hell, before I went to Everest, I’d never even been to a funeral. Mortality had remained a conveniently hypothetical concept, an idea to ponder in the abstract. Sooner or later the divestiture of such a privileged innocence was inevitable, but when it finally happened the shock was magnified by the sheer superfluity of the carnage: all told, Everest killed twelve men and women in the spring of 1996, the worst single-season death toll since climbers first set foot on the peak seventy-five years ago »
Ce qu'on en retient
On referme ce livre avec de la tristesse pour les victimes et leurs proches, et la compréhension que ce sont souvent une accumulation de petites décisions, l’irrationalité en situation extrême et les effets dévastateurs de l’altitude sur le corps et l’esprit qui, ensemble, peuvent mener à la catastrophe à cette altitude. Pas de grands coupables, pas de héros évidents comme on aime souvent les raconter.
Je recommande chaleureusement cette lecture (ainsi que le film Everest de Baltasar Kormákur, qui m’a justement donné envie de le lire) pour s'immerger pleinement dans cette histoire vraie.
« I grew up with an ambition and determination without which I would have been a good deal happier. I thought a lot and developed the far-away look of a dreamer, for it was always the distant heights which fascinated me and drew me to them in spirit »